En 2010, tout le monde disait que WordPress était un outil de blog, pas une plateforme de commerce. J'ai lancé Inside Da Web dessus quand même. Quinze ans plus tard, WooCommerce alimente des millions de boutiques.
Le pari du scrappy
J'avais 28 ans. Pas de budget pour Magento. Pas envie d'apprendre Prestashop. J'avais un WordPress que je connaissais par cœur et un plugin qui s'appelait encore WP e-Commerce (avant WooCommerce). C'était bancal, pas documenté, et personne en France ne faisait ça.
Exactement les conditions dans lesquelles je fais mes meilleurs choix.
Le truc avec WordPress, c'est que tu en es propriétaire. Ton code, tes données, ton hébergement. Quand Shopify décide de changer ses conditions ou qu'une plateforme SaaS triple ses tarifs du jour au lendemain ; toi, tu es chez toi. C'est un avantage que j'ai compris tôt et que je défends encore.
WordCamp Paris 2015 ; le moment charnière
J'ai présenté un retour d'expérience sur le e-commerce multisite WordPress au WordCamp Paris. C'était ma première conférence. J'avais le trac. Mais ce qui s'est passé dans la salle m'a marqué ; des développeurs venaient me voir après pour me dire qu'ils ne savaient pas que c'était possible.
Deux ans plus tard, WordCamp Bordeaux. Cette fois sur la fusion des stratégies print et web. L'audience avait changé ; des agences, des e-commerçants, des gens qui cherchaient des solutions concrètes. WordPress n'était plus un outil de blog pour personne dans cette salle.
Ce que j'ai gardé de cette époque
La conviction que les meilleurs outils sont ceux avec lesquels tu livres. Pas les plus élégants, pas les plus à la mode ; ceux qui te permettent de mettre quelque chose en production ce soir.
WordPress en 2010, c'était ça. Amazon FBA en 2016, c'était ça. Les LLMs en 2023, c'était ça. À chaque fois, le même schéma ; un outil que les puristes méprisent, que les pragmatiques adoptent, et qui finit par tout écraser.
Quinze ans plus tard, je ne fais plus de WordPress au quotidien. Mais chaque site que je construis aujourd'hui — Koeki, Voyager avec son chien, SEO Branding — porte la même philosophie ; tu livres d'abord, tu optimises ensuite. Le perfectionnisme est l'ennemi du lancement.