En 2016, j'ai lancé Le Pull Moche sur Amazon. Un side-project de pulls de Noël. Sept ans et plus d'un million d'euros de CA plus tard, voici ce que cette aventure m'a appris sur le commerce — le vrai.
L'idée ; surfer sur un phénomène culturel
Le ugly Christmas sweater, c'est un truc importé des États-Unis. En 2016, le marché français était quasi vierge. La fenêtre de tir ; de mi-octobre à mi-décembre. Huit semaines pour faire l'année.
Le pari ; créer des designs originaux, les faire produire en Asie, et vendre exclusivement via Amazon FBA. Zéro site web, zéro stock à gérer (Amazon s'en charge), zéro SAV (Amazon aussi).
Tout le monde autour de moi trouvait ça ridicule. Des pulls moches. Sérieusement. C'est justement pour ça que ça a marché ; les opportunités les plus rentables sont celles qui font sourire les gens sérieux.
Ce que le timing m'a appris
Arriver premier sur un marché de niche saisonnier, c'est un avantage brutal. Les premiers mois, on était seuls ou presque. Les ventes organiques étaient folles ; pas besoin de pub.
Mon background SEO a fait la différence. Oui, Amazon a son propre algorithme (A9, puis COSMO). Les titres, les bullet points, les images et les avis ; tout compte. J'ai traité chaque fiche produit comme une landing page. Ça, personne d'autre sur ce marché ne le faisait.
Mais le timing ne dure pas. Dès la deuxième année, des vendeurs chinois ont copié nos designs pixel par pixel. Les signalements Brand Registry fonctionnent ; mais c'est un combat permanent. Le timing te donne une avance ; pas un monopole.
Ce que la dépendance m'a appris
Quand Amazon décide de suspendre votre listing un 15 novembre (c'est arrivé), vous perdez 40% de votre CA annuel en une journée. Aucun recours rapide.
C'est la leçon la plus dure ; ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Le Pull Moche m'a rendu riche une année et insomniaque la suivante. Cette dépendance à une plateforme, c'est exactement ce qui m'a poussé à créer Koeki ; pour aider d'autres e-commerçants à ne pas vivre cette angoisse.
Ce que le commerce m'a vraiment appris
Le Pull Moche m'a appris plus sur le e-commerce que 10 ans de consulting. La logistique, la gestion de trésorerie saisonnière, la propriété intellectuelle, la négociation fournisseur ; tout ça, on ne l'apprend pas dans les formations. On l'apprend en faisant.
Le commerce, ce n'est jamais le produit. C'est le timing, l'arbitrage culturel, et la volonté d'avoir l'air ridicule avant d'avoir l'air malin.